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Lorsque la pandémie de COVID-19 a frappé le Kenya, elle a exacerbé deux enjeux que connaissent bien les jeunes entrepreneurs du secteur agricole : la résilience et les inégalités, en particulier les inégalités entre les sexes.  

Telle est la principale conclusion d’une étude menée par la United States International University (USIU)-Africa dans le cadre de l’initiative Cultiver l’avenir de l’Afrique (CultiAF). CultiAf s’inscrit dans un partenariat de 10 ans d’un montant de 35 millions de dollars canadiens entre le Centre de recherches pour le développement international (CRDI) et l’Australian Centre for International Agricultural Research (ACIAR).

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L’étude de USIU-Africa – financée dans le cadre de la réponse du CRDI à la COVID-19 – s’est concentrée sur ce qu’on appelle les agripreneurs, de jeunes petits exploitants agricoles du Kenya qui reçoivent une formation et un soutien par l’intermédiaire de CultiAF. Les chercheurs ont voulu mieux comprendre les facteurs qui permettent aux jeunes d’être plus résilients et de maintenir à flot leur entreprise agroalimentaire.  

« Cette initiative de réponse rapide visant à documenter les changements en temps réel s’inscrit dans le cadre des efforts déployés par le CRDI pour contribuer à la relance des politiques et à la réorganisation des systèmes alimentaires pendant la crise actuelle, mais aussi pour nous aider à nous préparer aux chocs futurs », a déclaré Kathryn Toure, directrice régionale du CRDI pour l’Afrique orientale et australe.  

Dans la seconde moitié de 2020, les chercheurs ont recueilli des données auprès de 500 répondants sélectionnés par courriel, WhatsApp et téléphone, par le biais d’un suivi mensuel et de l’enregistrement d’indicateurs de résilience. La résilience a été étudiée sous deux angles : tout d’abord, la résilience personnelle, y compris le temps consacré au réseautage, les dépenses en matière de promotion, la confiance et les changements apportés aux plans d’affaires. Deuxièmement, la résilience des entreprises a été examinée en passant en revue la clientèle des participants, les ventes, les emplois, le bien-être des employés, les gammes de produits, les points de vente et l’adoption de technologies.

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Les résultats de l’étude révèlent les conséquences de la pandémie sur la résilience et les inégalités 

Les résultats de l’étude de l’USIU-Africa ont montré que le choc de la pandémie a réduit les ventes et les revenus, provoqué des suppressions d’emplois, perturbé les chaînes d’approvisionnement et forcé la fermeture d’entreprises dans le secteur. La recherche a également révélé des répercussions considérables sur les femmes propriétaires d’entreprises.  

En novembre 2020, 366 des 500 répondants sélectionnés, soit 73 %, étaient encore en activité, mais en janvier 2021, seuls 260, soit 52 %, l’étaient encore, ce qui laisse penser que 48 % des répondants ont perdu leur entreprise depuis juillet 2020. Parmi les 366 répondants qui étaient toujours en activité en novembre 2020, 264 étaient des hommes et 102 des femmes et la plupart avaient des études de niveau secondaire.

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Plus de 90 % des personnes interrogées ont déclaré qu’ils n’étaient pas prêts à affronter la crise de la COVID-19.  

« Je n’ai jamais pensé que quelque chose de pareil pouvait arriver de mon vivant », a déclaré Kelly Kadiviria, une agripreneure du comté de Kakamega au Kenya.  

Au cours de la période étudiée, l’entrepreneur moyen a licencié deux travailleurs et réduit ses dépenses salariales.  

« Je ne pouvais plus me permettre de les garder [les employés]... J’ai dû simplement les laisser partir », a déclaré Jared Omondi Andego du comté de Kisumu.  

Les femmes entrepreneures qui ont participé à l’étude ont été confrontées à une plus grande probabilité d’échec de leur entreprise.  

« Nos ventes ont fortement diminué. J’avais l’habitude de gagner en moyenne 6 000 KSh (68,46 $ CA) par semaine, maintenant je peux à peine gagner la moitié de cette somme », a déclaré Benedetta Nangila, une productrice de fourrage du comté de Bungoma.

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Soutenir la résilience et la durabilité en cas de pandémie : ce qui a fonctionné 

L’étude a défini les mesures prises par les entrepreneurs qui ont réussi jusqu’à présent à maintenir leur entreprise à flot pendant la pandémie. Ils étaient plus susceptibles de consacrer du temps au réseautage, à la recherche de conseils et de fonds, et utilisaient davantage les médias sociaux pour stimuler les ventes. La diversification de leurs activités était également une clé de la durabilité. Nombre de ces mesures ont été renforcées par des formations offertes par l’USIU-Africa. 

« À cause de la pandémie, les revenus sont moins importants et varient, mais j’ai pu vérifier mes coûts. Je ne le faisais pas avant la formation [USIU-Africa] », a déclaré Samuel Thuo Irungu, un entrepreneur du secteur des pommes de terre du comté de Nairobi.  

Par l’intermédiaire de CultiAF, la formation permet aux jeunes agriculteurs âgés de 18 à 35 ans d’accéder à une formation commerciale, à un financement et à un soutien par un mentor. 

Les résultats de l’étude ont également souligné le rôle des plans de relance gouvernementaux dans le soutien de la résilience et de la durabilité des entreprises agroalimentaires touchées par la COVID-19. Les mesures de stimulation vont des licences d’exploitation aux semences et autres intrants, en passant par les services agricoles et un meilleur accès à des marchés et des circuits de commercialisation diversifiés. Les mesures de renforcement des capacités des entrepreneurs, en particulier des jeunes, favorisent également la résilience et la durabilité.

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