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Des partenariats pour fournir des protéines grâce à des haricots précuits

7 septembre 2021
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Le fonds Cultiver l’avenir de l’Afrique (CultivAF) est un partenariat de 35 millions de dollars canadiens (37 millions de dollars australiens) sur dix ans entre le CRDI et le Australian Centre for International Agricultural Research (ACIAR). CultivAF finance la recherche appliquée visant à améliorer la sécurité alimentaire, la résilience et l’égalité des sexes en l'Afrique de l'Est et du Sud.

Les haricots sont une source importante de protéines, en particulier pour les ménages à revenu faible ou intermédiaire, mais leur consommation est limitée par la quantité élevée d’énergie et d’eau nécessaire pour leur cuisson. En outre, les combustibles utilisés pour cuisiner – généralement le bois à brûler pour les populations rurales et le charbon de bois dans les zones urbaines – sont une cause directe de la déforestation. Ces dernières années, la croissance rapide des populations urbaines, l’augmentation des revenus et le coût élevé de l’énergie ont stimulé la demande d’aliments transformés à cuisson rapide.

Dans le but d’améliorer la sécurité alimentaire et nutritionnelle, la génération de revenus et la conservation de l’environnement, le projet précité s’est efforcé de promouvoir l’utilisation des haricots précuits et des produits dérivés, et de tirer parti de partenariats public-privé au Kenya et en Ouganda. Il est soutenu par le fonds Cultiver l’avenir de l’Afrique (CultivAf), un partenariat de 10 ans entre le CRDI et l’Australian Centre for International Agricultural Research. La première phase du projet a permis de produire des variétés de haricots biofortifiés à haute teneur en fer et en zinc, qui peuvent être transformés en haricots précuits qui cuisent en 10 minutes, au lieu des 2 à 3 heures qui étaient nécessaires auparavant. Au total, plus de 10 139 tonnes de semences de variétés de haricots améliorées ont été produites sur une période de deux ans et utilisées par plus de 10 000 agriculteurs (50 % de femmes). En outre, des femmes, des hommes et des jeunes ont suivi une formation sur les bonnes pratiques agricoles.

Résultats

Passage à grande échelle

La deuxième phase de l’initiative (2018-2021) a été concentrée sur la mise à l’échelle, qui a permis de passer de un à cinq produits, et d’une entreprise de transformation de haricots à cinq, ainsi que sur l’expansion de la production de fèves à 15 districts dans chaque pays. Auparavant, cette production avait lieu dans 10 districts en Ouganda et dans quatre au Kenya. Deux usines ayant une capacité de traitement d’au moins 15 tonnes de haricots précuits par jour ont été construites et certifiées au Kenya.

Les cinq produits qui ont été mis au point au cours de la deuxième phase sont les suivants : un haricot à cuisson rapide, une barre-collation de haricots prête à consommer, de la farine de haricot à cuisson rapide, des nouilles de haricot, ainsi que des « morceaux » de haricot – un ingrédient utilisé dans la fabrication de pain et de farine. Ce produit est actuellement testé par des utilisateurs potentiels, notamment des entreprises de confiserie ougandaises et kenyanes, avant sa certification par le Bureau des normes du Kenya.

Partenariats public-privé

La collaboration avec plus de 20 partenaires, dans le cadre du projet, a permis une mise à l’échelle et a été bénéfique pour les investisseurs, les producteurs et les consommateurs. Ces partenariats public-privé (PPP) ont permis l’élaboration de ce qui suit : 1) des mécanismes de financement qui « soustraient au risque » les investisseurs et permettent aux producteurs d’accéder au financement; 2) des modèles de livraison de semences pour étendre l’accès aux semences de haricots améliorées pour les agriculteurs et favoriser un approvisionnement régulier en semences pour les trois prochaines saisons; 3) un modèle de transformation des haricots par lequel les fèves sont achetées directement aux agriculteurs du Kenya et de l’Ouganda et transformés en produits de haricots précuits qui sont ensuite fournis à trois hôpitaux, cinq supermarchés, 11 écoles, 12 petits kiosques alimentaires et 37 marchands ambulants au Kenya; 4) de nouvelles gammes de produits, comme les « morceaux ».

Cadre d’autonomisation des femmes

Le projet sur les haricots précuits fait appel à des résultats de recherche éclairés pour s’attaquer aux inégalités entre les sexes dans les chaînes de valeur et les communautés. L’une des initiatives axées sur le genre mises en œuvre en Ouganda consiste à élaborer un système de paiement numérique par lequel les agriculteurs reçoivent directement leurs revenus. Grâce à une application mobile, développée en partenariat avec Mastercard, les agricultrices peuvent accéder à leur paiement sans l’intervention de leur mari. Ce système renforce ainsi l’autonomie des femmes en tant que propriétaires d’entreprises, leur permettant d’enregistrer des entreprises à leur nom, à titre personnel, et d’accéder à leurs bénéfices de manière indépendante, afin de prendre des décisions quant à l’utilisation de l’argent qu’elles gagnent.

Les femmes bénéficient également du volet du projet qui vise à fournir des semences de variétés de haricots améliorées aux agriculteurs locaux, ainsi que d’une formation aux bonnes pratiques agronomiques et à une meilleure gestion financière. Depuis le lancement de l’appli en novembre 2018, le projet a recruté et formé 52 agents d’entreprise villageois (AEV) – principalement des jeunes (60 %) – dont 15 ont reçu des téléphones Android pour effectuer des transactions avec les agriculteurs. À ce jour, avec le soutien des AEV, 18 466 agriculteurs (7 572 hommes et 10 894 femmes) ont été inscrits dans l’application afin d’améliorer les paiements numériques. Au total, la valeur de la commercialisation de haricots par l’intermédiaire de la plateforme a atteint 137 000 dollars canadiens.

Conclusions

Le projet sur les haricots précuits a progressé dans tous les domaines visés : sécurité alimentaire et nutritionnelle, création de revenus et préservation de l’environnement. Les producteurs ont un meilleur accès aux variétés de haricots améliorées, ce qui se traduit par des quantités plus importantes de cette source de protéines dans les communautés. Grâce à la biofortification en fer et en zinc, la valeur nutritionnelle des haricots a été améliorée. En outre, les communautés sont désormais en mesure de produire des haricots, ce qui leur assure des moyens de subsistance plus stables.

Les PPP ont permis aux producteurs vulnérables, notamment les femmes, de bénéficier d’une plus grande sécurité et d’une plus grande indépendance par rapport à leurs bénéfices, notamment grâce au processus numérisé d’enregistrement des agriculteurs et de paiement des produits agricoles. Enfin, les produits créés dans le cadre de cette initiative, notamment le produit à base de haricots à cuisson rapide, réduisent la quantité d’eau, de carburant et d’énergie qui étaient nécessaires auparavant à la préparation des haricots, ce qui rend cette source alimentaire plus économe en énergie et plus durable sur le plan environnemental.

À l’avenir, l’initiative sur les haricots précuits espère déployer davantage de partenariats pour aider à étendre les produits au-delà du Kenya et de l’Ouganda à sept pays supplémentaires dans les régions d’Afrique orientale et australe, afin d’accroître ainsi son impact positif. L’équipe du projet vise également à ce que la précuisson représente au moins 10 % de la transformation des haricots secs afin de réduire la consommation d’énergie et d’augmenter la consommation de ces produits, notamment dans les zones urbaines.

Faits saillants

  • Le projet a mobilisé plus de 20 partenaires, afin de mettre à l’échelle les bienfaits pour les producteurs locaux, dont les gouvernements du Kenya et de l’Ouganda, des banques, des partenaires de développement, des ONG et d’autres investisseurs du secteur privé.
  • L’initiative est passée d’un à cinq transformateurs, et la production de haricots précuits a été étendue à 15 nouveaux districts dans chacun des deux pays.
  • Parmi les producteurs qui ont collaboré avec le projet et ses partenaires, 68 % ont vu une amélioration significative de leurs revenus grâce à leur participation à l’initiative.
  • Dans le cadre du projet, 18 466 agriculteurs (7 572 hommes et 10 894 femmes) ont été inscrits dans une application de paiement numérique par téléphone mobile qui garantit que l’agriculteur reçoit le paiement pour ses livraisons de haricots.