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Des partenariats public-privé pour développer les produits de haricots précuits

1 mai 2020

La première phase du projet sur les haricots précuits a permis de mettre au point un casse-croûte à base de haricots prêt à consommer et un produit à base de haricots facile à cuisiner qui a réduit de manière significative le temps de cuisson traditionnel des haricots de 2 heures à 15 minutes. Ces innovations permettent de réduire la quantité de bois de chauffage et de charbon de bois nécessaire à la cuisson des haricots (contribuant ainsi à la préservation de l’environnement) et elles transforment la rentabilité du marché des haricots secs.

Grâce à une approche de partenariat public-privé, la deuxième phase de cette initiative vise à augmenter la production de 15 variétés de haricots bioenrichis et à accroître l’utilisation des produits de haricots précuits. En tant que principales productrices de haricots et principaux fournisseurs de denrées alimentaires dans les ménages de petits exploitants agricoles, les agricultrices du centre de l’Ouganda, du bassin lacustre, et des régions orientales du Kenya devraient adopter et promouvoir la transformation des haricots précuits.

Résultats préliminaires

Étendre l’accès aux semences

Développé en partenariat avec des centres de recherche nationaux, des semenciers privés, des agronégociants et des acheteurs de grains, le projet teste des modèles de livraison de semences afin d’élargir l’accès aux semences de haricots améliorées. Les modèles adaptés à la sexospécificité visent à permettre aux agriculteurs, en particulier aux femmes, d’accéder à ces semences précoces, qui produisent entre 1 800 et 2 500 kg/ha (contrairement aux variétés traditionnelles et plus anciennes qui produisent entre 500 et 800 kg/ha).

Grâce au modèle de distribution « agronégociant » du projet, les agriculteurs achètent des semences directement auprès des marchands de semences plutôt que de recycler leurs propres semences des saisons précédentes. Le modèle de rotation des semences, en revanche, consiste en un prêt initial de semences à l’agriculteur qui rembourse le double de la quantité de semences multipliées à la récolte. Le fournisseur de semences collecte les semences multipliées, qui sont redistribuées à deux autres bénéficiaires qui suivent ensuite le même modèle de paiement des semences.

Enfin, le modèle de crédit de semence permet aux bénéficiaires de payer le fournisseur de semences après avoir vendu leurs produits. Ce modèle est particulièrement bénéfique pour les femmes, qui ne pourraient pas se permettre d’acheter des semences fraîches avant de recevoir un revenu de la vente de leurs produits. De novembre 2018 à 2019, les modèles de crédit de semences adaptés à la sexospécificité ont permis aux agricultrices, aux hommes et aux jeunes agriculteurs d’accéder à 32 124 kg de semences améliorées.

Tester la finance numérique adaptée à la sexospécificité

Grâce à un autre partenariat public-privé avec la Fondation Mastercard, l’enregistrement des agriculteurs et le paiement des produits sont numérisés au moyen d’une application mobile appelée Mastercard Farmer Network. L’application permet de s’assurer que le propriétaire du produit reçoit le paiement de sa livraison de grains en transférant les paiements aux seuls membres enregistrés. C’est particulièrement important pour les agricultrices qui, si elles étaient payées en espèces, ne pourraient accéder à leur rémunération que par l’intermédiaire de leur mari et non directement. Les femmes sont également encouragées à ouvrir des comptes de transfert d’argent par appareil mobile ou des comptes bancaires à leur propre nom.

Depuis le lancement de l’application en novembre 2018, le projet a recruté et formé 52 agents d’entreprises villageoises, pour la plupart des jeunes (60 %). Quinze de ces agents ont reçu des téléphones Android pour effectuer des transactions avec les agriculteurs. À ce jour, avec le soutien des agents d’entreprises villageoises, 18 466 agriculteurs (7 572 hommes et 10 894 femmes) sont enregistrés auprès du réseau Mastercard Farmer Network pour améliorer les paiements numériques. Au total, 137 000 $ CAN ont été échangés en haricots par l’intermédiaire de la plateforme.

Diversifier la clientèle et la gamme de produits

Le projet a mené des activités de sensibilisation sur la transformation optimale et les qualités nutritionnelles des variétés de haricots adaptées aux produits précuits. Cela a attiré de nouveaux clients au Kenya, notamment des gouvernements de comtés et des organisations non gouvernementales qui se sont intéressés de près à cinq variétés (KATX56, KAT B1, Nyota, Faida et Angaza). Dans le comté de Machakos, par exemple, une organisation non gouvernementale a acheté 4,8 t de haricots Nyota, tandis que le gouvernement du comté a acheté 18 t de haricots KATX56 pour approvisionner les agriculteurs pendant la longue saison des pluies de 2020. 

Un autre nouveau débouché pour les grains bruts est apparu grâce à la société privée Smart Logistics. Le revendeur de haricots métamorphoser en transformateur de haricots a construit une usine de traitement des haricots précuits à son centre de groupage des grains dans le comté de Machakos. En février 2020, Smart Logistics a acheté 11 t de haricots à des groupes d’agriculteurs, générant un revenu total de 10 100 $ CAN. La société a également élargi sa gamme de produits de haricots précuits pour inclure le casse-croûte Keroma (60 % de farine de haricots, 40 % de millet perlé) et Frejols (100 % de farine de haricots précuits), qui sont fournis aux kiosques routiers, aux magasins et aux travailleurs industriels au Kenya.

Partenaire privé du projet depuis le début, Lasting Solutions Ltd fait également de la transformation des haricots en achetant les grains directement des agriculteurs du Kenya et de l’Ouganda. L’entreprise fournit actuellement les produits de haricots précuits transformés à 3 hôpitaux, 5 supermarchés, 11 écoles, 12 petits kiosques alimentaires et 37 vendeurs de nourriture en bord de route au Kenya. Lasting Solutions Ltd développe sa gamme de produits et a introduit les « morceaux », une variante de haricot précuit qui peut être utilisée pour produire du pain et de la farine. Avant sa certification par le Kenya Bureau of Standards, le produit est testé par des utilisateurs potentiels, notamment des entreprises de confiserie ougandaises et kenyanes.