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Le soutien du CRDI aux auteurs africains aide à produire une évaluation solide du GIEC sur les données probantes africaines relatives aux changements climatiques

28 février 2022

Étant donné que l'Afrique est en passe de devenir l'une des régions les plus touchées par les changements climatiques, des évaluations détaillées des risques et des réponses face aux changements climatiques sont nécessaires de toute urgence pour guider les décisions sur le continent. Le sixième Rapport d'évaluation du Groupe d'experts intergouvernemental sur l'évolution du climat (GIEC) AR6 Climate Change 2022: Impacts, Adaptation and Vulnerability, publié le 28 février, contient le chapitre régional le plus important jamais consacré à l'Afrique sur la façon dont les changements climatiques touchent le continent. 

« Le chapitre régional sur l'Afrique présente l'examen le plus clair et le plus complet du continent jamais contenu dans un rapport du GIEC », a indiqué Debra Roberts, coprésidente du GIEC. « Le nouveau niveau d'évaluation synthétique entrepris par l'équipe Afrique met en lumière un éventail diversifié de questions importantes relatives aux changements climatiques pour l'Afrique, et a également fait progresser la compréhension des risques relatifs aux changements climatiques dans l'ensemble du rapport. » 

Il est important de noter que les universitaires africains ont joué un rôle de premier plan dans la production de ces nouvelles données probantes, grâce à un soutien financier modeste, mais très ciblé dans le cadre de l'initiative Adaptation aux changements climatiques et résilience (CLARE) soutenue par le CRDI et le Foreign, Commonwealth and Development Office (FCDO) du Royaume-Uni. Ce travail a montré qu'il est temps pour les donateurs de prêter attention à l'impact significatif qu'ils peuvent avoir en investissant dans des initiatives comme le GIEC. 

« Nous avons constaté qu'un investissement ciblé envers les universitaires et les chercheurs des régions les plus touchées permet de diversifier considérablement les perspectives et de faire en sorte que toutes les régions disposent d'un point de départ semblable pour prendre des décisions fondées sur des données probantes quant à la façon de lutter contre les changements climatiques », a indiqué Dominique Charron, vice-présidente des programmes et des partenariats du CRDI. 

Pourquoi le continent africain est-il si souvent sous-représenté parmi les auteurs et les données probantes du GIEC? 

Le GIEC est l'organe des Nations Unies qui évalue les données scientifiques relatives aux changements climatiques. Les évaluations du GIEC sous-tendent les négociations intergouvernementales sur les changements climatiques dans le cadre de la Convention-cadre des Nations Unies sur les changements climatiques et fournissent la base scientifique nécessaire aux gouvernements et aux autres acteurs à tous les niveaux pour élaborer et mettre en œuvre des politiques relatives au climat. Les rapports, qui en sont à leur sixième cycle d'évaluation, sont élaborés grâce aux contributions volontaires de scientifiques du monde entier.  

Le GIEC ne fournit aucune aide financière aux auteurs, si ce n'est une aide aux voyages pour les auteurs des pays en développement afin qu'ils puissent assister aux réunions en personne. Alors que les universitaires des pays du Nord bénéficient souvent du soutien de leurs gouvernements et de leurs universités pour consacrer bénévolement du temps au processus d'évaluation, les universitaires africains ont rarement ce luxe, et leur contribution au GIEC s'en trouve gravement compromise. En effet, dans le sixième Rapport d'évaluation, seuls 11 % des auteurs sont originaires du continent africain.  

Qu'est-ce qui a été fait différemment cette fois-ci? 

Les scientifiques qui contribuent aux chapitres et les adjoints de recherche sont essentiels à la réussite des processus d'évaluation. Ils soutiennent les auteurs principaux dans tous les aspects de l'évaluation, rendant ainsi plus facile à gérer la nature volontaire de cet engagement. Ils contribuent également à la publication des recherches existantes, synthétisées à partir d'une série de sources, dans des revues évaluées par des pairs. Cela peut être crucial dans certains cas, étant donné que les données probantes évaluées par les pairs ont le plus grand poids dans les rapports du GIEC. 

En Afrique en particulier, il existe souvent d'excellentes données probantes qui restent en dehors des revues avec comité de lecture, et qui ne peuvent donc pas être citées dans le rapport d'évaluation sans les efforts de synthèse et de publication des auteurs du GIEC. 

À partir de 2019, deux auteurs principaux occupant le rôle de coordonnateurs africains du sixième rapport d'évaluation du GIEC (groupe de travail II), Chris Trisos et Mark New de l'African Climate and Development Initiative de l'Université du Cap ont été soutenus par le CRDI et le FCDO pour employer des stagiaires et des scientifiques afin de contribuer aux chapitres pour les chapitres dont ils étaient responsables et qu'ils coordonnaient. Les fonds ont été utilisés principalement pour synthétiser et incorporer les données probantes africaines dans le chapitre sur l'Afrique (chapitre 9) et le chapitre sur les options de prise de décision pour la gestion des risques (chapitre 17).  

Grâce à cet effort, CLARE a soutenu sept stagiaires et quatre scientifiques du Ghana, de l'Afrique du Sud et du Zimbabwe, qui ont été embauchés par l'Université du Cap. 

Qu'est-ce qui a changé? 

Les stagiaires et les scientifiques qui ont contribué aux chapitres, ainsi que les auteurs principaux occupant le rôle de coordonnateurs des chapitres et soutenus par cette modeste subvention ont créé, comme l'a fait remarquer Debra Roberts, le chapitre régional sur l'Afrique le plus robuste de tous les temps, et ont en effet renforcé les données probantes africaines dans l'ensemble du rapport, puisque d'autres chapitres pourraient également s'appuyer sur les connaissances nouvellement synthétisées.  

Les scientifiques qui ont contribué aux chapitres ont produit des articles de synthèse très remarqués dans des revues évaluées par des pairs, ce qui permet de citer ces données probantes dans le rapport. Parmi les exemples notables, citons les travaux sur l'éducation aux changements climatiques en Afrique, les risques climatiques pour le patrimoine africain, la quantification des flux financiers climatiques et des investissements dans la recherche sur les changements climatiques pour l'Afrique et l'élargissement des méthodes d'évaluation des risques relatifs aux changements climatiques. Ils ont également aidé à cartographier l'action humaine en matière d'adaptation aux changements climatiques sur le plan mondial. 

En fournissant une compréhension plus exhaustive des répercussions des changements climatiques et des options de réponse, ces deux chapitres permettront aux décideurs africains de prendre des décisions davantage ciblées, ambitieuses et efficaces.  

L'expérience acquise par ces jeunes scientifiques africains en matière d'évaluation scientifique est peut-être tout aussi importante, car elle leur permet de jouer un rôle de premier plan dans les futurs cycles d'évaluation.  

« En tant qu'universitaire en début de carrière, contribuer à la toute première évaluation multidimensionnelle de la faisabilité et de l'efficacité des options d'adaptation applicables à l'Afrique a été une chance énorme », a indiqué Portia Adade Williams, chercheure le Science and Technology Policy Research Institute du Council for Scientific and Industrial Research à Accra, au Ghana. « L'expérience, les conseils d'experts et les collaborations scientifiques favorisées par le processus d'apprentissage ont été complètement transformants. J'attends avec impatience de jouer un rôle de premier plan dans le prochain processus d'évaluation (c'est-à-dire le septième Rapport d'évaluation) ».  

En savoir davantage sur les répercussions climatiques et les options de réponse sur le continent africain

Visitez la page d’événement du CRDI pour vous inscrire au webinaire du 15 mars intitulé « Urgence climatique en Afrique de l’Ouest : répercussions et perspectives », et rejoignez nos principaux conférenciers, Chris Trisos et Edmond Totin, ainsi que les panélistes pour une conversation sur le rapport du groupe de travail II du GIEC et au-delà.

Visitez le site Web de la conférence 2022 African Studies Association of Africa pour vous inscrire et participer à une table ronde du CRDI intitulée « Que signifie le rapport du GIEC pour l’Afrique orientale et australe? » le 12 avril. Le conférencier principal, Ibidun Adelekan, sera accompagné de trois panélistes pour une conversation sur le rapport du groupe de travail II du GIEC et au-delà.

Faits saillants

  • Les auteurs du GIEC ont produit l'évaluation la plus robuste jamais réalisée des données probantes africaines relatives aux changements climatiques, grâce à un soutien ciblé aux auteurs africains. 

  • L'initiative CLARE a soutenu sept stagiaires et quatre scientifiques collaborateurs de chapitres du Ghana, de l'Afrique du Sud et du Zimbabwe, qui ont soutenu deux auteurs principaux coordonnateurs jouant le rôle de coordonnateurs africains du GIEC. 

  • En fournissant une compréhension plus complète des répercussions des changements climatiques et des options de réponse, ces efforts permettent aux décideurs africains de prendre des décisions plus ciblées, ambitieuses et efficaces