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Solutions développées localement pour réduire la résistance aux antimicrobiens dans l'aquaculture en Asie

4 avril 2022

Le secteur de l'aquaculture a connu une croissance considérable au cours des 50 dernières années et constitue une source essentielle de protéines, de micronutriments et de revenus pour des milliards de personnes dans le monde. Toutefois, ses caractéristiques uniques rendent ce secteur particulièrement vulnérable à l'émergence et à la propagation de pathogènes résistants aux antimicrobiens. En Asie, la plus importante région de production aquacultrice au monde, les équipes de recherche font des progrès importants pour atténuer l'émergence de la résistance aux antimicrobiens grâce à l'élaboration de solutions de rechange de pointe aux antimicrobiens à utiliser dans les systèmes d'aquaculture.   

Facteurs de résistance aux antimicrobiens dans les systèmes d'aquaculture  

La croissance rapide du secteur de l'aquaculture, tant en ce qui concerne la production que le nombre d'espèces produites à des fins commerciales, a entraîné une intensification et une plus grande densité d'animaux dans les systèmes de production. Ces conditions de surpeuplement créent un stress physiologique pour les animaux et nuisent à leur fonction immunitaire, ce qui, combiné à la mauvaise qualité de l'eau, favorise l'émergence de la maladie.  

Entre-temps, les mesures de prévention et les traitements n'ont pas suivi la croissance rapide du secteur.  

La diversité des espèces produites partout dans le monde et le manque d'outils diagnostiques font en sorte qu'il est difficile pour les producteurs de sélectionner et d'administrer le traitement approprié. De plus, aucun antimicrobien n'a été mis au point spécifiquement pour l'aquaculture, ce qui signifie que ceux élaborés pour les humains et le bétail sont utilisés à la place et se retrouvent dans les systèmes d'eau.  

Dorénavant 

Les systèmes d'aquaculture varient énormément selon la région, le type d'espèce produite et l'échelle. Des solutions visant à promouvoir la santé des animaux et à réduire le besoin d'antimicrobiens doivent donc être élaborées en étroite collaboration avec les producteurs et dans le contexte dans lequel ils seront utilisés. Cela est particulièrement important en 2022, qui a été déclarée par les Nations Unies comme étant l'année internationale de la pêche et de l'aquaculture artisanales. Cette initiative reconnaît les contributions des petits pêcheurs artisanaux, des producteurs de poisson et des travailleurs de la pêche au bien-être, aux systèmes alimentaires et à l'atténuation de la pauvreté grâce à l'utilisation responsable et durable des ressources de la pêche et de l'aquaculture.   

Trois projets de solutions vétérinaires innovatrices pour la résistance aux antimicrobiens (InnoVet-AMR), avec des équipes de recherche qui travaillent à Hong Kong, en Thaïlande et au Vietnam, se concentrent sur l'élaboration de solutions spécifiquement conçues pour les petits et moyens producteurs aquacoles. Ces trois projets, présentés dans le numéro de l'Asia Research News sur la résistance aux antimicrobiens, sont appuyés par le CRDI et l'initiative du Global AMR Innovation Fund du ministère de la Santé et des Affaires sociales du Royaume-Uni.  

Des solutions telles que les nanobulles et la désactivation du quorum constituent des solutions de rechange aux antimicrobiens, dans les systèmes de production et d'élevage de poissons et de crevettes, qui ne créent pas de résidu chimique dans les systèmes d'eau et favorisent une meilleure santé des animaux. De plus, les vaccins visant à protéger les poissons contre les agents bactériens pathogènes courants pourraient réduire considérablement le besoin d'antibiotiques dans les sous-secteurs de l'aquaculture touchés, comme dans la production du poisson-chat au Vietnam

Pour en apprendre davantage sur la résistance aux antimicrobiens en milieu aquacole et le potentiel des solutions de rechange aux antimicrobiens, écoutez l'épisode 4 de Solutions de rechange innovatrices, un balado original du CRDI, et lisez le numéro complet d'Asia Research News.